Figure libre de la bohème de Christiania, Oda Krohg fut longtemps réduite à son image de femme scandaleuse, de modèle du peintre Christian Krohg ou de compagne de plusieurs écrivains et artistes. Pourtant, elle fut aussi une peintre singulière, attentive aux visages, aux scènes intimes et aux signes discrets de la modernité. Son œuvre, marquée par le réalisme, l’impressionnisme et un goût prononcé pour la lumière, mérite aujourd’hui d’être regardée pour elle-même.
Dans l’histoire de l’art norvégien, Oda Krohg apparaît souvent au détour d’un portrait, d’une anecdote ou d’un récit consacré à la bohème de Christiania. Elle est la femme en robe rouge peinte par son mari Christian Krohg. Elle est aussi la compagne d’un peintre engagé, l’amie d’écrivains anticonformistes et l’une des personnalités les plus libres d’un milieu artistique qui entendait rompre avec la morale bourgeoise.
Cette réputation n’est pas sans fondement. Oda Krohg a effectivement mené une existence peu conforme aux normes de son époque. Elle a divorcé, choisi de se consacrer à la peinture, fréquenté des artistes et des écrivains qui défendaient l’amour libre, puis circulé entre Christiania, Berlin, Skagen et Paris.
Mais cette dimension romanesque a longtemps éclipsé son travail. Oda Krohg n’était pas seulement une muse, une femme scandaleuse ou un personnage de la bohème norvégienne. Elle était une artiste formée, active, exposée et dotée d’un regard propre.
Ses tableaux se concentrent surtout sur le portrait, les scènes de famille et les paysages. Ils témoignent d’un réalisme sensible, attentif à la psychologie des modèles et aux effets de lumière. Dans des œuvres apparemment intimistes, elle introduit parfois une critique sociale ou politique, comme dans Une abonnée au journal, où une scène familiale devient aussi une réflexion sur la presse et l’idéologie.
Oda Lasson, une femme qui refuse la place qu’on lui assigne

Oda Krohg naît Othilia Pauline Christine Lasson le 11 juin 1860 à Åsgårdstrand, en Norvège. Elle appartient à une famille cultivée et liée aux milieux intellectuels norvégiens. Cette origine lui donne accès à un environnement relativement privilégié, mais ne la soustrait pas aux contraintes imposées aux femmes de son temps.
Elle se marie une première fois avec l’homme d’affaires Jørgen Engelhart. Le couple a deux enfants, mais cette vie conjugale ne correspond pas à ses aspirations. Dans les années 1880, Oda prend une décision particulièrement audacieuse pour l’époque : elle divorce afin de pouvoir vivre selon ses propres choix et se consacrer à l’art.
Ce choix est important pour comprendre son parcours. Oda Krohg ne commence pas sa carrière dans une totale liberté. Elle doit d’abord s’affranchir d’un cadre familial et social qui assigne aux femmes une place domestique. Sa décision de se former à la peinture n’est donc pas un simple changement d’activité : elle constitue une rupture personnelle et sociale.
Elle rejoint l’école de dessin gratuite fondée par Christian Krohg à Christiania. L’établissement se distingue par son ouverture et son caractère mixte, à une époque où l’accès des femmes à la formation artistique reste limité. Christian Krohg devient son professeur, puis son compagnon.
Leur relation nourrit rapidement les commentaires. Oda est alors une femme séparée, mère de deux enfants et engagée dans une relation avec un artiste connu pour ses positions radicales. Ce parcours contribue à faire d’elle une figure visible de la bohème de Christiania.
La bohème de Christiania, un laboratoire artistique et politique
Dans les années 1880, Christiania — ancien nom d’Oslo — devient le théâtre d’une effervescence culturelle. Peintres, écrivains et étudiants contestent l’ordre moral et social dominant. Ils critiquent l’hypocrisie bourgeoise, la rigidité religieuse et les conventions du mariage.
La figure la plus connue de ce mouvement est l’écrivain Hans Jæger. Autour de lui gravitent notamment Christian Krohg, Oda Krohg et, dans un autre registre, le jeune Edvard Munch. Ce cercle ne forme pas une école artistique au sens strict. Il s’agit plutôt d’un milieu de sociabilité, de débats et de provocations, où la littérature, la peinture et la politique se répondent.
La bohème de Christiania défend des idées radicales sur la liberté individuelle et les relations amoureuses. Ses membres souhaitent vivre leur existence au grand jour, sans se conformer aux attentes de la société. Le mouvement est aussi lié au naturalisme scandinave, qui entend représenter la réalité contemporaine sans l’embellir.
Oda Krohg y occupe une place particulière. Elle n’est pas seulement une participante ou une compagne. Sa vie même devient une remise en cause des normes. Son divorce, ses relations sentimentales et son choix d’une carrière artistique font d’elle un symbole de la liberté revendiquée par ce milieu.
Elle entretient notamment des liens avec Hans Jæger, Jappe Nilssen et Gunnar Heiberg. Elle séjourne également avec Christian Krohg dans des cercles artistiques scandinaves à Berlin. Ces expériences nourrissent sa réputation, mais aussi son regard sur les relations humaines et les rapports entre femmes et hommes.
Il faut toutefois éviter de réduire la bohème de Christiania à ses provocations. Derrière les scandales, elle porte une réflexion plus large sur la société, la morale, les inégalités et la place des femmes. Oda Krohg en incarne l’une des contradictions : elle bénéficie d’une certaine liberté, mais reste souvent décrite à travers le regard des hommes qui l’entourent.
Christian Krohg, un compagnon essentiel mais encombrant

Christian Krohg joue un rôle majeur dans la formation artistique d’Oda. Peintre, écrivain et journaliste, il défend un art réaliste, proche de la vie quotidienne et attentif aux problèmes sociaux. Son enseignement pousse Oda à observer les modèles, à travailler la lumière et à se détourner des conventions académiques.
Le couple se marie en 1888, après plusieurs années de relation. Ils ont deux enfants ensemble, Nana et Per. Leur famille devient un sujet de représentation pour l’un comme pour l’autre.
Christian peint Oda en femme indépendante, souvent dotée d’une présence forte. Son célèbre portrait de 1888 la montre vêtue de rouge, le visage tourné vers le spectateur. Elle ne semble ni soumise ni décorative. Son regard et sa posture donnent au tableau une intensité qui dépasse le simple portrait conjugal.
Mais cette reconnaissance a aussi un revers. Oda Krohg reste longtemps identifiée à Christian Krohg, plus connu et davantage étudié. Même lorsqu’elle est présentée comme une artiste, elle l’est souvent en tant qu’épouse, élève ou modèle.
Cette situation n’est pas propre à Oda. De nombreuses artistes femmes du XIXe siècle ont été interprétées à travers leurs relations avec des hommes célèbres. Leur biographie sentimentale a parfois pris le pas sur l’analyse de leurs œuvres.
Chez Oda Krohg, cette réduction est d’autant plus tenace que sa vie privée était spectaculaire. Le récit de la femme libre a semblé plus facile à raconter que celui d’une peintre travaillant ses cadrages, ses couleurs et ses sujets.
Un réalisme éloigné de l’académisme
L’art d’Oda Krohg s’inscrit dans le réalisme moderne qui se développe en Scandinavie à la fin du XIXe siècle. Elle se détourne des compositions idéalisées et des sujets historiques privilégiés par les institutions académiques.
Ses portraits représentent des personnes identifiables, souvent proches de son entourage. Elle peint des artistes, des écrivains, des membres de sa famille et des figures de la bohème. Mais son approche ne consiste pas à produire de simples documents biographiques.
Oda s’intéresse à la présence physique et psychologique de ses modèles. Un visage, une posture, une expression ou un éclairage suffisent à suggérer une personnalité. Ses tableaux semblent parfois saisir un moment interrompu, comme si le spectateur entrait dans une scène déjà commencée.
Cette proximité avec le réel doit beaucoup aux évolutions de la peinture européenne. L’impressionnisme français, les cadrages inspirés de la photographie et les recherches menées à Skagen contribuent à renouveler son regard.
L’École de Skagen, au Danemark, attire alors de nombreux artistes nordiques. Ils y travaillent en plein air, observent les effets de la lumière et représentent la vie quotidienne plutôt que des scènes idéalisées. Oda Krohg y séjourne avec Christian à la fin des années 1880.
Son œuvre conserve toutefois une tonalité personnelle. Elle ne cherche pas uniquement à reproduire l’atmosphère d’un lieu. Elle s’attache à la relation entre le modèle, l’espace et le regard du spectateur.
Le portrait comme espace de liberté

Le portrait constitue probablement le domaine dans lequel Oda Krohg affirme le plus nettement sa singularité. Elle ne transforme pas ses modèles en figures héroïques. Elle leur laisse une part d’ambiguïté, de silence et de présence.
Ses portraits de proches ont une dimension intime, mais ils ne sont pas nécessairement confidentiels. Oda ne se contente pas de reproduire les traits d’une personne. Elle cherche à faire apparaître un état intérieur.
Cette attention est particulièrement visible dans les portraits de femmes et d’artistes de son entourage. La modèle n’est pas toujours présentée comme un objet de contemplation. Elle peut regarder, attendre, réfléchir ou se tenir à distance.
Cette manière de représenter les femmes est liée à l’expérience personnelle d’Oda. Elle connaît les contraintes imposées aux femmes, mais aussi les marges de liberté qu’il faut conquérir. Ses tableaux ne sont pas des manifestes féministes au sens contemporain du terme. Ils proposent cependant une vision moins passive de la présence féminine.
Dans ses scènes de famille, elle peint également les relations affectives avec une attention particulière. La maternité n’y apparaît pas uniquement comme un devoir social ou une fonction biologique. Elle devient une expérience vécue, faite de fatigue, de tendresse, de proximité et de responsabilité.
Une abonnée au journal, une scène intime aux accents politiques
Parmi les œuvres les plus souvent citées d’Oda Krohg figure Une abonnée au journal, réalisée en 1887. Le tableau représente sa fille Nana occupée à découper la une d’un journal conservateur, Aftenposten.
À première vue, la scène semble relever de la vie domestique. Une enfant, un journal, un intérieur : rien de spectaculaire. Mais le geste de la jeune fille introduit une dimension politique. Le journal n’est plus simplement un objet du quotidien ; il devient le support d’une réflexion sur les idées, l’information et l’autorité.
Oda Krohg utilise ici les codes de la scène intime pour faire passer un message discret. Elle ne peint pas une manifestation ou un débat public. Elle suggère que les rapports de pouvoir et les conflits idéologiques pénètrent jusque dans les espaces familiaux.
Ce tableau illustre la manière dont l’artiste travaille. Son engagement ne passe pas nécessairement par des images démonstratives. Il se glisse dans des détails, des attitudes ou des objets.
Cette approche rejoint celle de Christian Krohg, dont la peinture réaliste aborde directement la pauvreté, la prostitution et les injustices sociales. Oda ne traite pas toujours les mêmes sujets, mais elle partage avec lui l’idée que la peinture peut dépasser la simple décoration.
La Lanterne japonaise, entre lumière et modernité
La Lanterne japonaise, également connue sous le titre Ved Kristianiafjorden (Japansk lykt), est l’une des œuvres les plus célèbres d’Oda Krohg. Conservée au National Museum d’Oslo, elle témoigne de son intérêt pour la lumière, les effets nocturnes et les influences artistiques internationales.
Le motif de la lanterne japonaise s’inscrit dans un contexte où l’art européen découvre et réinterprète les estampes et les objets venus du Japon. Les cadrages, les aplats, les compositions décentrées et le goût pour les détails décoratifs inspirent de nombreux peintres de la fin du XIXe siècle.
Chez Oda Krohg, la lumière de la lanterne structure la scène. Elle attire le regard et crée une atmosphère particulière, située entre l’intime et le paysage. Le fjord n’est pas seulement un décor naturel : il devient un espace de sensations, de silence et de modernité.
L’œuvre manifeste aussi l’intérêt de l’artiste pour les moments de transition. La nuit, la lumière artificielle et le reflet sur l’eau produisent une image éloignée de la peinture académique traditionnelle. Oda observe un phénomène simple, mais en fait un sujet pictural autonome.
Selon Beaux Arts, cette peinture témoigne d’une sensibilité à la lumière nocturne qui fait écho aux recherches contemporaines d’Edvard Munch. La comparaison ne signifie pas qu’Oda Krohg serait une précurseure directe de Munch, mais elle rappelle qu’ils appartiennent au même environnement artistique et partagent certaines préoccupations visuelles.
Une artiste entre Oslo, Berlin, Skagen et Paris
Oda Krohg évolue dans un espace artistique largement internationalisé. La Norvège de son époque ne constitue pas un monde fermé. Les peintres voyagent, se forment en Allemagne, séjournent en France et fréquentent les colonies artistiques scandinaves.
Berlin joue un rôle important dans la circulation des idées et des artistes nordiques. Oda et Christian y côtoient le cercle du « Cochon noir », un milieu scandinave associé à une vie artistique et intellectuelle non conformiste.
Skagen, au nord du Danemark, constitue un autre lieu essentiel. La lumière, les paysages côtiers et la présence de nombreux artistes en font un laboratoire de la modernité nordique.
Paris représente également une référence majeure. Oda y séjourne et y rencontre notamment Henri Matisse, avec lequel elle se lie d’amitié. Ces échanges montrent qu’elle ne se situe pas à la périphérie de la scène artistique européenne. Elle participe aux circulations qui façonnent la peinture moderne.
Elle ne connaît toutefois pas la même carrière institutionnelle que les artistes les plus visibles de son temps. Oda représente la Norvège à plusieurs Expositions universelles, mais n’expose pas dans les Salons parisiens. Cette absence contribue probablement à sa moindre reconnaissance internationale.
Pourquoi Oda Krohg a-t-elle été oubliée ?
Le relatif oubli d’Oda Krohg s’explique par plusieurs facteurs. Le premier tient à la place occupée par son mari. Christian Krohg est une figure majeure du réalisme norvégien, un écrivain engagé et un professeur influent. Son œuvre a bénéficié d’une visibilité institutionnelle plus forte.
Le second facteur concerne son fils, Per Krohg, qui devient lui aussi un peintre reconnu après avoir été l’élève de Matisse. La trajectoire familiale renforce la tendance à présenter Oda comme une épouse ou une mère d’artistes plutôt que comme une créatrice à part entière.
Le troisième facteur est lié à son image publique. La presse et les récits ultérieurs ont souvent privilégié ses relations sentimentales, son divorce et son appartenance à la bohème. La femme libre a pris le dessus sur la peintre.
Enfin, une partie importante de ses œuvres a été conservée dans des collections particulières. Cette dispersion a rendu son travail moins accessible au public et aux chercheurs. Les œuvres visibles dans les collections du National Museum d’Oslo et du Nationalmuseum de Stockholm ne suffisent pas toujours à donner une image complète de sa carrière.
La redécouverte d’Oda Krohg s’inscrit donc dans un mouvement plus large de réévaluation des artistes femmes. Il ne s’agit pas de la transformer artificiellement en icône moderne, mais de lui rendre sa place dans une histoire de l’art qui a longtemps favorisé les trajectoires masculines.
À retenir
- Oda Krohg, née Othilia Pauline Christine Lasson en 1860, est une peintre norvégienne associée à la bohème de Christiania.
- Elle divorce de son premier mari et choisit de se consacrer à la peinture, décision particulièrement audacieuse dans la Norvège du XIXe siècle.
- Elle étudie auprès de Christian Krohg, qui devient ensuite son compagnon et son mari.
- Son œuvre privilégie les portraits, les scènes familiales et certains paysages.
- Son style s’appuie sur le réalisme, l’impressionnisme, les cadrages modernes et l’attention portée à la lumière.
- Une abonnée au journal révèle comment une scène intime peut contenir une dimension politique.
- La Lanterne japonaise compte parmi ses œuvres les plus connues et témoigne de son intérêt pour les effets nocturnes.
- Sa carrière a longtemps été éclipsée par la notoriété de Christian Krohg, puis par celle de leur fils Per.
- Oda Krohg mérite d’être considérée comme une artiste à part entière, et non comme une simple figure de la bohème norvégienne.
FAQ
Qui était Oda Krohg ?
Oda Krohg était une peintre norvégienne née en 1860 et morte en 1935. Elle fut l’une des figures de la bohème de Christiania, un milieu artistique et littéraire anticonformiste de la Norvège des années 1880.
Pourquoi Oda Krohg est-elle associée à la bohème norvégienne ?
Elle fréquentait les artistes et écrivains de la bohème de Christiania, dont Christian Krohg et Hans Jæger. Son divorce, son choix de devenir artiste et sa liberté sentimentale en ont fait une personnalité emblématique de ce mouvement.
Oda Krohg était-elle seulement le modèle de Christian Krohg ?
Non. Elle fut également peintre. Elle a réalisé des portraits, des scènes familiales et des paysages. Son œuvre est notamment connue pour Une abonnée au journal et La Lanterne japonaise.
Quel est le tableau le plus célèbre d’Oda Krohg ?
La Lanterne japonaise, également appelée Ved Kristianiafjorden (Japansk lykt), est généralement considérée comme l’une de ses œuvres les plus connues. Elle est conservée au National Museum d’Oslo.
Quel était le style d’Oda Krohg ?
Son art associe réalisme, influences impressionnistes et recherche sur la lumière. Elle privilégie les scènes proches de la vie quotidienne, les cadrages resserrés et les portraits marqués par une forte présence psychologique.
Où peut-on voir les œuvres d’Oda Krohg ?
Plusieurs œuvres sont conservées au National Museum d’Oslo. Le Nationalmuseum de Stockholm possède également certains de ses portraits. Une partie de sa production se trouve toutefois dans des collections particulières.
Oda Krohg a-t-elle influencé Edvard Munch ?
Oda Krohg et Edvard Munch appartenaient au même environnement artistique à Christiania, mais il serait excessif d’affirmer qu’elle a directement influencé sa carrière. Leurs œuvres témoignent plutôt de préoccupations communes autour de la lumière, de l’intimité et de la modernité picturale.
Oda Krohg a longtemps été racontée comme un personnage avant d’être regardée comme une peintre. Sa vie libre, ses amours et son appartenance à la bohème de Christiania ont nourri une légende qui a fini par recouvrir son travail.
Pourtant, ses tableaux racontent une autre histoire. Ils montrent une artiste attentive aux visages, à la lumière, aux gestes ordinaires et aux tensions dissimulées dans les scènes domestiques. Oda Krohg ne renonce ni à l’intimité ni à l’engagement : elle les fait coexister dans une peinture discrète, mais rarement innocente.
Son parcours rappelle aussi que la liberté artistique ne se résume pas à la provocation. Pour Oda Krohg, elle passe d’abord par la possibilité de choisir sa vie, de quitter un mariage qui l’enferme, d’apprendre un métier et de construire une œuvre dans un milieu encore largement dominé par les hommes.
En la redécouvrant, l’histoire de l’art norvégien gagne une figure moins secondaire qu’il n’y paraît. Oda Krohg n’est pas seulement l’esprit libre de la bohème norvégienne. Elle est une peintre de l’intime, une observatrice de son époque et l’une des voix féminines de la modernité scandinave.