Un nouveau record est tombé. Le tableau le plus cher du monde est désormais Salvator Mundi, oeuvre de Lénoard de Vinci. Acquit par un particulier inconnu, le marché de l’art confirme son envol. Quelles leçons tirer de cette vente record ? Pascal Robaglia nous donne quelques clés…

Salvator Mundi, une oeuvre longtemps ignorée

On estime que le Sauveur du Monde a été peint entre 1506 et 1513. Le tableau est une commande du roi de France Louis XII. Mais il atterri assez vite en Angleterre et reste dans les collections privées de la famille royale pendant le XVIIe siècle… Et disparaît des archives. En 1763, on sait qu’il est vendu par un fils illégitime avant qu’on perde de nouveau sa trace.

Salvator Mundi

Autoportrait de Léonard de Vinci réalisé entre 1512 et 1515, 33 × 21,6 cm, bibliothèque royale de Turin.

C’est en 1900 seulement que le tableau refait surface. Un collectionneur en prend alors possession mais l’attribue à Giovanni Boltraffio, élève de Leonard de Vinci en 1491. Il sera revendu par les descendants de ce collectionneur en 1958 pour… 45 livres (environ 500 euros aujourd’hui). Après de mystérieuses péripéties, le tableau fait de nouveau parler de lui en 1999. La maison Sotheby’s le récupère et le présente comme une oeuvre d’un Leonardeschi. Cette dénomination suffit pour lui faire prendre une belle valeur ; Il est vendu 282 000 euros. Pour Pascal Robaglia, directeur de galerie depuis 1991, « il était difficile de s’intéresser véritablement à ce tableau, on avait tellement peu d’informations »…

Son état étant jugé particulièrement mauvais, il est décidé en 2005 de le restaurer. Pendant six longues années, tous les soins lui sont apportés pour qu’il puisse retrouver sa valeur originel… Après expertise, le tableau est finalement attribué à Léonard de Vinci ! Un retournement de situation qui lui donne une côte énorme. « Improbable » d’après Pascal Robaglia. Il est rapidement vendu, mais une polémique éclate lors de sa vente au propriétaire de l’AS Monaco, Dmitri Rybolovlev pour 127,5 millions d’euros. « Une affaire de business, qui n’a rien à voir avec la qualité du tableau » commente Pascal Robaglia.

Une vente record

Estimée à 100 millions de dollars par Christie’s, Salvator Mundi s’est finalement venu plus de quatre fois sa valeur ! Pour Pascal Robaglia, c’est « incroyable ». Avant de poursuivre : « On s’attendait tous à ce qu’il se passe quelque chose, qu’il batte le record de Picasso, au mieux. Mais qu’il détrône même les records privés… »

Avec cette vente, il devient en effet le tableau le plus cher de tous les temps devant Les Femmes d’Alger (version 0) de Pablo Picasso, vendue 179,4 millions de dollars en 2015. Même les ventes – non officielles – des tableau de Paul Gauguin et de Willem de Koonin, vendus chacun pour 300 millions de dollars ont été pulvérisés…

 

 

« Une oeuvre d’une rareté inestimable, mais controversée » selon Pascal Robaglia

Pour Pascal Robaglia, qu’un Léonard de Vinci devienne l’oeuvre la plus chère du monde, est « logique ». « Cet homme est un génie qui a traversé le temps. Que l’un de ses travaux soit disponible à l’achat, c’est une chance à ne pas manquer car elle prendra une valeur inimaginable d’ici quelques décennies ». Pourtant, il pose un bémol sur ce Salvator Mundi. « C’est un tableau qui a été tellement retouché, et qui a mis tellement de temps à être reconnu, que je suis suis un peu perplexe ». Il développe : « Il faut savoir que des doutes persistes. C’est une oeuvre d’une rareté inestimable, mais controversée car c’est probablement une oeuvre qui a été faite par Leonard de Vinci, mais par petites touches seulement ».

« Il faut féliciter la maison Christie’s » conclut Pascal Robaglia. « Elle a réalisée une communication incroyable autour de cette vente aux enchères, c’est aussi grâce à ses efforts que le record a pu être battu ». Avec un film et des visites partout autour du globe, il est vrai que le tableau a su se faire désirer, au point de faire craquer un acheteur, inconnu pour un montant qui choque.

Salvator Mundi

Le Parisien a fait un sondage sur la valeur de l »oeuvre…